L'ACADÉMIE DES LETTRES DU QUÉBEC

Rapport de la présidente

Chères consoeurs, chers confrères,

L’année 2009, à l’Académie des lettres du Québec, a été marquée en tout premier lieu par la concertation entreprise en vue de l’élaboration d’un Plan stratégique de fonctionnement et de développement pour les trois prochaines années, plan sollicité par le Conseil des Arts et des Lettres du Québec et qui a permis à notre institution de préciser et d’actualiser son mandat. Celui-ci s’est défini selon une double perspective :

  • Poursuivre une réflexion critique, notamment par le biais de son colloque annuel et de la Rencontre québécoise internationale des écrivains (RQIÉ) sur les enjeux culturels contemporains et la situation des intellectuels et des écrivains dans la Cité;
  • Consacrer certaines œuvres et certaines carrières par l’attribution de ses prix ainsi que de sa médaille et par l’élection de nouveaux membres.

Pour l’Académie en effet, il s’agit moins de diffuser et de promouvoir la littérature et la culture que d’en interroger les fondements, de proposer un discours critique sur l’état des lieux dans ce domaine et la perception qu’en ont ses créateurs. Les propositions faites dans le cadre de ce Plan visaient davantage une mise en valeur des structures déjà existantes de l’Académie et de ses activités, de façon à lui assurer une plus grande présence sur la scène culturelle, que la planification de nouveaux événements. Il faudra toutefois attendre le prochain exercice financier pour connaître les retombées financières de ce Plan stratégique auprès du Conseil des Arts et des Lettres du Québec, car les subsides accordés par le CALQ à l’Académie l’étant sur une base biennale, la subvention 2009 n’a fait que reconduire celle de 2008, alors que la demande qui sera déposée le ler mars 2010 engagera les deux prochaines années.

Autre événement majeur de l’année 2009 : la signature d’un protocole d’entente avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec, entente qui a permis le déménagement du bureau de l’Académie dans les locaux de l’édifice de BAnQ, au 2275 rue Holt. En plus de lui octroyer un espace de travail, cette entente offre à notre institution la possibilité de travailler en concertation avec la direction des bibliothèques dans l’organisation de certains événements publics et lui donne accès à des salles prestigieuses, comme celle où se tient cette assemblée générale, la salle Alain-Grandbois. On ne saurait assez remercier Lise Bissonnette d’avoir été l’instigatrice de cet accord, conclu durant son mandat comme présidente-directrice générale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. L’importance de cette entente-cadre est double : non seulement elle nous permet de fonctionner dans un contexte particulièrement stimulant, mais elle assure, symboliquement, une étape importante dans la reconnaissance du statut de l’Académie par une institution officielle du Québec. Je tiens aussi à exprimer à M. Guy Berthiaume, actuel président-directeur général de BAnQ, ainsi qu’à son équipe, notre reconnaissance et notre appui.

Un partenariat d’un autre ordre a été conclu entre l’Académie des lettres du Québec et l’Association internationale des études québécoises (AIEQ) en vue de promouvoir les lauréats des prix annuels de l’Académie. L’AIEQ offrira aux lauréats des prix Victor Barbeau et Ringuet la possibilité de faire une tournée de promotion de leur oeuvre dans l’un et l’autre des pays européens membres de l’Association. Par ailleurs, monsieur Robert Laliberté, directeur général de l’AIEQ, a accepté de faire partie du conseil d’administration de l’Académie, ce qui resserrera d’autant ce lien de partenariat.

Afin d’accroître l’accessibilité du public à nos divers événements, un site a été créé à Radio-Spirale où l’on peut entendre en balado-diffusion les interventions des participants à la Rencontre québécoise internationale ainsi que les communications des conférenciers au Colloque des écrivains.

L’année 2009 a également permis de renouer les contacts déjà établis en 2002 avec l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique. Bénéficiant d’une mission accordée par le Ministère des Relations internationales du Québec, j’ai pu me rendre à Bruxelles et prendre la parole lors d’une séance régulière de cette académie. J’ai profité de cette rencontre pour inviter les membres, et tout particulièrement le secrétaire général, Jacques de Decker, à organiser avec l’Académie des lettres du Québec le colloque d’automne sur le sujet des « Métropoles culturelles dans l’espace francophone ». (voir plus bas)

Ces nouvelles ententes et dispositions assurent à l’Académie des lettres du Québec une visibilité accrue aussi bien au Québec qu’à l’étranger.

Les nouveaux membres

Trois nouveaux membres ont été élus au cours des derniers mois et font désormais partie de l’Académie, qui compte actuellement quarante-cinq membres. Il s’agit de Jacques Godbout, de Paul Chanel Malenfant et de Pierre Ouellet.

D’abord traducteur puis réalisateur à l’Office national du film du Canada à Montréal, Jacques Godbout signera une trentaine de films, dont quatre longs métrages de fiction. Cinéaste prolifique, Jacques Godbout n’en poursuit pas moins une carrière d’écrivain. Il a, depuis 1956, publié une trentaine d’œuvres, recueils de poèmes, romans, essais, un journal et une autobiographie. On le connaît aussi comme intellectuel engagé, membre fondateur de la revue Liberté et du Mouvement laïque de langue française, qu’il a présidé en 1966-67. Il fut élu premier président de l’Union des écrivains québécois, en 1977. Il est également éditeur et président du conseil d’administration des Éditions du Boréal. On lui a décerné, aussi bien en littérature qu’en cinéma de nombreux prix nationaux ainsi qu’à l’étranger.

Professeur à l’Université du Québec à Rimouski durant de nombreuses années, Paul Chanel Malenfant a publié plus de vingt recueils de poésie dont Fleuves (Noroît, 1997, prix Alain-Grandbois de l’Académie des Lettres du Québec et Grand Prix du Festival International de Poésie en 1998) et Des ombres portées (Noroît, 2000, Prix du Gouverneur général du Canada et prix de la Société Radio-Canada en 2001). Critique, il a aussi publié un essai, La partie et le tout. Lecture de Fernand Ouellette et Roland Giguère (P.U.L. 1983), de même que de nombreux articles sur la poésie dans divers dictionnaires et revues québécoises. Ses dernier titres de poésie, Vivre ainsi suivi de Le vent sombre, de même que Rue Daubenton, ont paru respectivement à l’automne 2005 aux Éditions du Noroît et au printemps 2007 aux Éditions de l’Hexagone.

Pierre Ouellet est poète, essayiste et romancier. Il a publié plus d’une trentaine d’ouvrages, pour lesquels il a obtenu de nombreux prix, dont le Prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec pour son roman Légende dorée (L’instant même, 1997), le Prix du Festival international de poésie de Trois-Rivières pour Dépositions (Le Noroît, 2007) et, à deux reprises, le Prix du Gouverneur général du Canada pour ses essais intitulés À force de voir. Histoire de regards (Le Noroît, 2005) et Hors-temps. Poétique de la Posthistoire (VLB éditeur, 2008). Il vient de faire paraître, aux éditions de l’Hexagone, deux rétrospectives de ses premières œuvres poétiques : Voire (2007) et Une outre emplie d’éther qui se rétracte dans le froid (2009), de même qu’un nouveau livre de poèmes, Trombes (2009), aux éditions du Noroît. Il est membre de la société royale du Canada. Pierre Ouellet est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada en esthétique et poétique à l’Université du Québec à Montréal et directeur de la collection « Le soi et l’autre » chez VLB éditeur.

La réception publique des deux premiers élus a eu lieu le 8 décembre 2008. M. Jacques Godbout a été présenté par Mme Monique LaRue. M. Paul Chanel Malenfant a été présenté par Mme Madeleine Gagnon. La réception publique de Pierre Ouellet se fera dans un avenir prochain.

Prix et médaille de l’Académie

Les lauréats des prix 2009 de l’Académie, Alain-Grandbois (poésie), Ringuet (roman) et Victor-Barbeau (essai) ont été dévoilés lors de la Soirée des Prix, à l’auditorium de la Grande Bibliothèque, le 23 septembre dernier, devant de nombreux invités. À la même occasion a été décernée la médaille de l’Académie. Cette soirée était organisée en partenariat avec BAnQ, le Fil et les éditions HMH.

Mme Monique Deland s’est vue décerner le prix Alain-Grandbois le pour Miniatures, balles perdues et autres désordres, Éditions du Noroît. Les autres finalistes étaient Roger DesRoches, Simon Dumas, René Lapierre et André Roy. Le jury était composé de Nicole Brossard (présidente), Denise Desautels et Paul-Chanel Malenfant.

M. Martin Robitaille a reçu le prix Ringuet pour son roman Les déliaisons, Éditions Québec Amérique. Les finalistes étaient Nicolas Gilbert et Geneviève Robitaille. Le jury était composé de Jacques Folch-Ribas, Monique LaRue (présidente) et André Ricard.

M. Jacques Beaudry s’est vu remettre le prix Victor-Barbeau pour son essai La fatigue d’être – Saint-Denys Garneau, Claude Gauvreau, Hubert Aquin, Éditions Hurtubise HMH. Les finalistes étaient Éric Méchoulan et Guillaume Pinson. Le jury était composé de Lise Bissonnette, Yvan Lamonde et Georges Leroux (président).

L’Académie des Lettres du Québec a remis sa médaille à M. Jean-Jacques Nattiez, essayiste et professeur à l’Université de Montréal. Présenté par Naim Kattan, M. Nattiez a prononcé un vibrant plaidoyer pour sa discipline, la musicologie.

Les lectures-spectacles de la Grande Bibliothèque

Sous la responsabilité du vice-président de l’Académie, Georges Leroux, ces lectures-spectacles ont lieu deux fois par année, en collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Le 4 mars, sur le thème « Quelles nouvelles », comédiens et musiciens ont livré au public une lecture spectacle mettant à profit des nouvelles, souvent très brèves, de membres de l'Académie des lettres du Québec et d’autres auteurs. Le choix des textes avait été confié à Gilles Pellerin.

Le 4 novembre 2009, la soirée de lectures sur le thème « Les écrivains québécois pendant la seconde guerre mondiale » a accompagné l’exposition « L’effort de guerre des éditeurs québécois, 1949-1948 ». Avec des textes d’écrivains aussi différents que Gabrielle Roy, Robert Charbonneau et Jean-Jules Richard. Le choix des textes avait été confié à Yvan Lamonde.

Le prochain spectacle aura lieu le 31 mars et portera sur « Les écrivains et la ville ». Le choix des textes a été confié à Pierre Nepveu.

Ces lectures-spectacles sont le résultat d’une collaboration fructueuse entre une équipe de BAnQ, qui s’occupe de la production et de la scénarisation de l’événement, et les membres de l’Académie responsables du sujet et du choix des textes.

La 37e Rencontre québécoise internationale des écrivains

La 37ème Rencontre québécoise internationale des écrivains (RQIÉ) s’est tenue à l’Hôtel de l’Institut de Montréal, sur le thème de «Mémoire/s» du 16 au 19 avril 2009.

Voici quelques extraits du descriptif :

L’écrivain n’est-il pas celui qui fait vœu de mémoire, n’entreprend-il pas un travail d’archéologie en fouillant le passé afin d’en déterrer des morceaux enfouis? Dans ses voyages incessants à travers le temps, il met en relation ses souvenirs personnels avec l’Histoire pour que, de leurs rapprochements ou de leurs heurts, surgisse une interprétation, une vision susceptible d’illuminer le présent, de lui donner une consistance. Pensons à Anne Hébert, à Rosetta Loi, Gaston Miron, Sylvia Plath, Marcel Proust ou Christa Wolf… Mais l’exploration du passé permet aussi de porter un regard neuf sur l’avenir, de le prévoir, de le modifier. Car écrire, c’est développer une mémoire imaginaire du futur, selon l’expression de Louky Bersianik.

Ont participé à l’événement les écrivains québécois Paul Chamberland, Ann Charney, Diane-Monique Daviau, Bertrand Gervais, Louis-Philippe Hébert, Tania Langlais, Rachel Leclerc, Paul Chanel Malenfant, Jean-Éric Riopel et Rodney Saint-Éloi (Québec/Haïti). Se sont joints à eux des écrivains venus d’ailleurs, Claude Ber (France), Rose-Marie François (Belgique), Georgette LeBlanc (Acadie), Samira Negrouche (Algérie), Daniele Pieroni (Italie), Juan Manuel Rodriguez Tobal (Espagne), Alberto Ruy Sanchez (Mexique), Lambert Schlechter (Luxembourg) et Alexandre Voisard (Suisse). Le comité de direction de la Rencontre est composé de Louise Dupré (directrice) ainsi que de Nicole Brossard, Denise Desautels, Hélène Dorion, Naïm Kattan, Pierre Nepveu.

La Rencontre a débuté par une conférence publique du poète et essayiste Paul Chamberland, qui a eu lieu le 16 avril à 17 h 30 à la Maison des écrivains devant un public d’une soixantaine de personnes.

La Rencontre s’est poursuivie les 17 et 18 avril avec un exposé inaugural de Paul Chanel Malenfant, exposé suivi de trois tables rondes, qui ont permis à neuf écrivains de présenter leur conception de la mémoire. Pierre Nepveu a assuré la présentation des écrivains et l’animation des discussions.

Le 17 avril, une lecture publique à laquelle ont participé onze écrivains et écrivaines a été présentée par Denise Desautels, et s’est tenue à la Maison de la Culture Plateau-Mont-Royal.

Par la suite, la Rencontre a poursuivi son partenariat avec le Festival Metropolis Bleu sous la forme d’une table ronde animée par Marie-Andrée Lamontagne, toujours sur le thème de «Mémoire/s». Cette table ronde s’est tenue le 30 avril, avec la participation de Diane-Monique Daviau, Louis-Philippe Hébert et Samira Negrouche.

Une quatrième activité publique a été présentée au Marché de la poésie de Montréal, le 31 mai, sous le chapiteau de la place Gérald-Godin. Il s’agit d’une table ronde sur le thème de la 37ème Rencontre, avec les poètes Paul Chamberland, Jean-Éric Riopel et Rodney Saint-Éloi. Cette activité a été très appréciée du public présent formé de poètes, d’éditeurs et de lecteurs de poésie.

La couverture médiatique de la Rencontre s’est encore intensifiée cette année. Les journaux Le Devoir, Voir, La Presse ont fait mention de l’événement, tout comme les bulletins électroniques de certaines associations : le CRILQ, par exemple, et l’AIÉQ. Mentionnons également que le journaliste Sébastien Lavoie de Lettres québécoises a suivi chacune des séances et publiera un article sur la Rencontre dans sa revue. Enfin, une émission de quatre-vingt-dix minutes, animée par Sylvain Fortier, a été consacrée à la 37ème Rencontre à CIBL le 15 avril dernier.

De plus, l’ensemble des conférences et discussions est désormais présent sous forme de balado-diffusion sur le site de l’Académie à Radio-Spirale.

Même si les festivals se multiplient, si les tables rondes abondent dans les manifestations littéraires, nous ne connaissons aucun endroit au Québec ni au Canada où les écrivains puissent s’arrêter pendant deux jours pour interroger les rapports entre leur pratique et la société. C’est ce que leur offre la RQIÉ.

On ne peut que louer les efforts du Comité de la Rencontre pour rendre accessibles leurs débats à un public de plus en plus large, tout en maintenant le côté « atelier » des échanges, selon une formule qui a déjà fait ses preuves depuis de nombreuses années.

Le 27e Colloque des écrivains

Organisé en partenariat avec l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique, le 27e colloque des écrivains a eu lieu le 23 octobre 2009 sur le thème : « Les métropoles culturelles dans l’espace francophone ». Parmi les questions adressées aux participants, celles-ci : quelles sont ces métropoles et de quel pouvoir disposent-elles ? Le manifeste de 2007 publié dans le journal Le Monde, « Pour une littérature-monde en français », affirmait que « le centre est désormais partout, aux quatre coins de la terre ». Dans quelle mesure cet énoncé se vérifie-t-il? Montréal partage avec Bruxelles plusieurs traits qui font de ces villes des métropoles culturelles d’un monde en émergence : d’abord la diversité culturelle et la cohabitation de communautés très diversifiées; mais surtout, au sein d’un univers marqué par la pluralité des langues, une recherche commune d’accueil dans la langue française. Quel est à cet égard le rôle de la culture, et en particulier de la littérature ? Comment témoigne-t-elle des enjeux de la diversité dans un univers mondialisé et engagé dans un processus de métissage? Comment ces deux métropoles, toutes deux lieux d’organismes internationaux et de transferts technologiques importants, expriment-elles leur évolution ? Suffit-il de multiplier les festivals pour acquérir un statut de métropole culturelle? Comment réagir à la culture-spectacle qu’on tente de nous imposer de toutes parts.

Après mon introduction générale, rappelant les enjeux du colloque et quelques représentations de Montréal dans la littérature québécoise, la conférence inaugurale fut prononcée par Jacques de Decker, secrétaire perpétuel de l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique, qui a insisté sur le visage multiculturel des métropoles que sont Bruxelles et Montréal et comparé la situation des écrivains migrants dans les deux institutions littéraires. Elle fut suivie d’une première table ronde « autour de la notion de métropole culturelle », à laquelle ont participé Stanley Péan, président de l’Uneq, ainsi que les écrivains Madeleine Monette et Pierre Nepveu. Les uns et les autres ont problématisé la notion de métropole culturelle, en s’appuyant sur divers exemples empruntés à la littérature québécoise, mais aussi à d’autres littératures, telles que la littérature en langue française de la Nouvelle-Calédonie. Une deuxième table ronde, sur le thème de « Métropoles culturelles francophones : particularités et enjeux », a permis d’entendre des interventions de Jean-Baptiste Baronian, sur Bruxelles, de Sherry Simon, sur les écrivains passeurs de culture à Montréal, de Suzanne Jacob, qui a évoqué les figures de la flâneuse et du passant, à travers les textes de Régine Robin et de Paul Chamberland, et de Jacques Godbout qui a fait part de sa réflexion sur les notions de capitale et de métropole, ainsi que sur la notion de centre à l’ère de la toute-puissance de l’informatique.

En l’absence de Georges Leroux, retenu en France, l’animation a été assurée par la présidente.

Une entrevue de Lise Gauvin et de Jean-Claude Corbeil a été diffusée la veille sur les ondes de CIBL pour annoncer le colloque, grâce à l’assistance de Patricia Lamy, attachée de presse pour l’événement.

Les interventions du colloque sont diffusées en balado-diffusion sur le site de l’Académie à Radio-Spirale. L’édition des textes sera assurée grâce à un partenariat avec les éditions Hurtubise HMH qui en publiera les actes.

Grâce au soutien de la Délégation Wallonie-Bruxelles, un spectacle du monologuiste belge Bruno Coppens, intitulé Ma terre happy, a terminé sur une note d’humour cette journée.

Le lancement des actes du colloque 2007, publiés chez HMH sous la direction de Claude Lévesque, « La poésie comme expérience » a eu lieu ensuite accompagné d’un cocktail.

Les auditeurs présents ont souligné l’excellente qualité des présentations qui, de manière chaque fois différente, ont apporté un éclairage inédit sur les questions abordées. Ce colloque a permis de mettre en commun un certain nombre de réflexions sur la situation des littératures françaises dans le monde et de créer des liens institutionnels importants entre l’Académie des lettres du Québec et l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique. Ce colloque se veut ainsi le début d’une collaboration suivie entre les deux institutions. À l’heure de la mondialisation, il est important que les écrivains du Québec participent aux enjeux globaux qui touchent à la mise en réseaux de la littérature dans l’espace mondial. À partir d’une réflexion sur les métropoles culturelles et le sort de la culture dans des contextes spécifiques, les écrivains du Québec et de la Belgique mettent au point leur propre conception de la francophonie et de la « littérature-monde en français ». Les retombées à plus long terme de cette réflexion mèneront à une conception dynamique des littératures francophones et à la constitution de réseaux visant à mettre en circulation les œuvres et les écrivains et à faire de la francophonie un véritable lieu d’échanges et de rencontres.

Prix obtenus par les membres

Rappelons que les prix de l’Académie jouissent d’un prestige considérable du fait qu’ils sont décernés par des jurys formés d’écrivains dont la carrière et l’oeuvre ont elles-mêmes été consacrées par de nombreux prix prestigieux. De ce point de vue, l’année qui vient de s’écouler a été particulièrement faste. Parmi les distinctions obtenues, mentionnons les doctorats honorifiques attribués à Marie-Claire Blais par l’Université Laval, à Jacques Godbout par l’Université du Québec à Montréal, le Prix du rayonnement des lettres à l’étranger de la Communauté française de Belgique, accordé à Gilles Pellerin, qui a été également fait chevalier des Arts et Lettres de la République française et qui, tout récemment, s’est vu confier la responsabilité d’un important festival de littérature à Québec. Mentionnons encore le Prix du gouverneur général du roman accordé à Marie-Claire Blais et le Prix de la revue Études françaises donné à Hélène Dorion, qui a reçu également le prix Charles-Vildrac de la Société des Gens de Lettres de France.

Le très prestigieux Prix David a été remis deux années de suite à des membres de l’Académie, Suzanne Jacob en 2008 et Denise Desautels en 2009. Quant à Lise Bissonnette, elle vient tout juste d’être désignée Grande Montréalaise de l’année et d’obtenir deux prix importants: le prix Fleury-Mesplet du monde de l’édition et le prix Hommage de l’Institut d’administration publique du Québec. Ces honneurs attestent à quel point nos consoeurs et confrères comptent parmi les écrivains et intellectuels reconnus et appréciés par leurs pairs. Que les lauréats en soient chaleureusement félicités.

Administration courante

Quatre séances internes ont eu lieu jusqu’à présent, en plus de cette assemblée générale, sans compter les nombreuses réunions du bureau qui se font à intervalles réguliers. Ces séances ont porté essentiellement sur les affaires courantes, l’organisation de nos divers événements et le choix de nouveaux sociétaires. Nous avons dû à regret nous séparer en septembre de Nicholas Dawson, qui a accepté un poste d’enseignant au Cégep de Ste-Thérèse. Qu’il soit ici officiellement remercié de ses bons et loyaux services. Il a été remplacé par Maude Levasseur, qui a déjà fait les preuves de son efficacité.

Départ prochain de la présidente

Après 21 mois passés à la présidence de l’Académie des lettres du Québec, je devrai quitter cette fonction en janvier 2010, ainsi que je l’ai annoncé à la séance interne du 22 septembre dernier. Je n’aurai plus alors les disponibilités nécessaires pour l’accomplissement de cette tâche aussi stimulante qu’exigeante. Je crois toutefois avoir mis tout en œuvre, durant mon mandat, pour faire en sorte que notre académie puisse être reconnue à sa juste valeur par l’ensemble de la communauté culturelle du Québec, ainsi que par les différents organismes subventionnaires.

Au moment où j’accédais à la présidence, je m’étais donné comme programme, entre autres choses, d’aller chercher de nouveaux partenariats tout en consolidant ceux qui existaient déjà. Notre nouvelle entente avec Bibliothèque et archives nationales du Québec, ainsi que les différentes collaborations engagées avec l’Association internationale des études québécoises, de même qu’avec Radio-Spirale, s’ajoutent ainsi à celles qui existaient antérieurement avec les éditions HMH, le Festival international de littérature, le Festival Metropolis bleu et la Maison de la poésie. Au plan international, nous avons pu établir des contacts précieux avec l’Académie royale de langue et de littérature de Belgique, contacts que nous souhaitons entretenir par d’autres actions communes. Par ailleurs, la préparation d’un Plan stratégique a permis de préciser nos orientations et nos perspectives de développement. Ce Plan aura aussi été utile, selon moi, pour situer l’Académie des lettres par rapport à l’ensemble des regroupements de créateurs québécois.

Est-il besoin d’ajouter que toutes ces initiatives ont exigé beaucoup de temps et qu’il m’apparaît indispensable, pour mener à bien les actions entreprises, que nous obtenions les crédits nécessaires à l’engagement d’un directeur administratif qui allégerait le travail des membres du bureau de direction. Je souhaite donc en terminant remercier tout particulièrement Georges Leroux, vice-président, et Jean-Claude Corbeil, secrétaire général, pour leur soutien indéfectible durant tout le temps de mon mandat à la présidence.

Pour conclure…

Un certain nombre parmi les projets annoncés dans notre Plan stratégique de fonctionnement et de développement sont déjà en cours, notamment en ce qui concerne les rapports avec d’autres institutions de la francophonie ainsi que les moyens mis à notre disposition par les responsables de BAnQ, de l’AIEQ ainsi que de Radio-Spirale. Il reste encore à consolider ces partenariats et à trouver de nouvelles sources de financement qui permettront à l’Académie de mener à bon terme l’ensemble de ses activités et projets. Mais je ne doute pas que les initiatives qui seront mises en œuvre au cours des prochaines années témoigneront éloquemment de la volonté des membres de préserver et de développer une institution dont le rôle est essentiel pour la société québécoise.

Ce n’est pas un mince honneur pour moi que d’avoir pu contribuer, dans la mesure de mes possibilités, à la bonne marche de la très prestigieuse Académie des lettres du Québec.

Lise Gauvin, 23 novembre 2009

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