Joël Des Rosiers

Joël Des Rosiers

Psychiatre, psychanalyste, poète et essayiste, Joël Des Rosiers est l’auteur de plusieurs recueils de poésie, dont Métropolis Opéra  (1987), Tribu (1990), Savanes (1993), Vétiver (1999), Caïques (2008), Gaïac (2010) et Chaux (2015). Son œuvre littéraire comprend également une nouvelle, Un autre soleil (2007), et un recueil de correspondances, Lettres à l'Indigène (2009).

Né aux Cayes (Haïti) en 1951, descendant de Nicolas Mallet, signataire de l’Acte de l’indépendance, Joël Des Rosiers vit au Québec depuis l’enfance lorsque ses parents, opposants politiques à la dictature, gagnent l’exil. Sympathisant du mouvement situationniste à Strasbourg durant ses années d’études en France, il a accueilli et milité en faveur des réfugiés et des sans-papiers. Plus tard devenu vice-président de l’UNEQ, il a participé au mouvement des villes refuges en faveur des écrivains persécutés dans le monde et milité pour que Montréal et Québec adhèrent à la charte des villes refuges.

Dans son essai intitulé Théories caraïbes. Poétique du déracinement (1996, Prix de la Société des écrivains canadiens, réédité et augmenté en 2009), « à ce jour, l’une des tentatives les plus ambitieuses pour penser la condition et la fiction haïtiennes à la grandeur de son américanité », il ouvre les espaces et les identités dans le contexte d'une littérature postnationale. Son dernier essai, Métaspora. Essai sur les patries intimes (2013), a été nommé « essai de l’année » par l’émission internationale La librairie francophone et a été distingué aux États-Unis par le Prix du MLA for Independent Scholars. D'une écriture au flux serein, son recueil Gaïac (2010) se déploie dans l’émerveillement pur du langage. Dans le dernier opus, Chaux (prix Fetkann! de la poésie), le poème s’écrit sur une page de chaux inscrivant dans la matière des origines l’impulsion des mots et le souffle de la vérité comme si des murailles même la pierre criait, « le vocabulaire est d’une précision qui irradie cette langue, qui fait naître d’elle les sens les plus incongrus comme les plus savants ».

En 1990, il était finaliste aux Prix du Gouverneur général pour Tribu. Le recueil Vétiver lui a valu le Grand Prix du livre de Montréal en 1999 et le 16e Grand prix du Festival International de la Poésie de Trois-Rivières en 2000, la traduction anglaise du recueil ayant également été saluée par le Prix du Gouverneur général en 2006. En 2011, le Prix du Québec Athanase-David lui est décerné pour l’ensemble de son œuvre.

La poésie de Joël Des Rosiers est parcourue d'un amour de la langue qui est science, médecine et sensualité. Elle embrasse les espaces depuis les longs fleuves arctiques vus d’avion jusqu’aux plus minuscules cayes. Imprégnée de la passion de l'auteur pour l’architecture et l’art contemporain, elle témoigne d’une filiation spirituelle et sensorielle dont la prégnance est éprouvée grâce à la richesse olfactive du vétiver ou à la puissance mythique du gaïac. Poète dont la renommée internationale ne cesse de croître depuis son premier livre, Métropolis Opéra, paru il y a presque trente ans, Joël Des Rosiers a construit une œuvre dense, cohérente et s’est imposé comme une figure majeure de la scène poétique contemporaine.

Il est membre de l'Académie des lettres du Québec depuis 2017.

Discours de présentation

Discours de réception

 

Bibliographie sélective récente

Poésie

Métropolis Opéra, Montréal, Triptyque/Vague à l’âme, 1987.

Tribu, Montréal, Triptyque, 1990.

Savanes, Montréal, Triptyque, 1993.

Vétiver, Montréal, Triptyque, 1999.

Caïques, Montréal, Triptyque, 2007.

Gaïac, Montréal, Triptyque, 2010.

Chaux, Montréal, Triptyque, 2015.

 

Essai

Théories caraïbes. Poétique du déracinement, Montréal, Triptyque, 1996; réédition, 2009.

MétasporaEssai sur les patries intimes, Montréal, Triptyque, 2013.

 

Nouvelle

Un autre soleil (avec Patricia Léry), Montréal, Plume & Encre, 2006; édition révisée, Montréal, Triptyque, 2007.

 

Roman épistolaire

Lettres à l’Indigène, Montréal, Triptyque, 2009.

 
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