Daniel Canty

Daniel Canty

Daniel Canty est écrivain et scénariste, artiste et réalisateur. Il élabore, depuis la fin du 20e siècle une œuvre protéiforme où l’écriture se prête à toutes les métamorphoses.

Ses débuts d’écrivain sont contemporains de l’essor du numérique. Il publie alors l’essai Êtres artificiels (1997), une histoire des automates dans la littérature américaine et signe, avec DNA Media à Vancouver, sa première réalisation, Einstein’s Dreams (1999), l’adaptation en ligne d’un roman d’Alan Lightman. Il amorce à la même époque le chantier de Wigrum (2011), roman-collection dont la version initiale est publiée sur le Web.

L’Institut des nouveaux médias de Banff l’invite à créer un atelier d’écriture pour les nouveaux médias. Il y réalise l’espace Web Horizon zéro : art+culture numérique au Canada (2002) puis y anime le sommet Interactive Screen (2005-2010), consacré aux arts numériques internationaux. De retour à Montréal, il fonde, avec Julien Fonfrède et Philippe Gajan, la section Temps zéro, cinémas en mutation (2003-2006) du Festival du nouveau cinéma et se joint au collectif de poésie C’est selon, (2002-2005).

En plus d’écrire ses œuvres, il signe leur mise en livre, raffinant le travail qu’il a déployé pour la réalisation de la trilogie La table des matières, conçue en complicité avec Studio Feed. Les ouvrages collectifs aux formes graphiques complexes que sont Cité selon (2006), La table des matières (2007) et Le livre de chevet (2009) cherchent à prolonger l'esthétique de l’écriture dans la forme même du livre.

Il multiplie, au fil d’invitations de centres d’artistes, les inventions imprimées. Ses réalisations, où il détourne les moyens du design à des fins poétiques, attirent l’attention des studios montréalais où il conçoit et scénarise des projets d’expositions, de publications, d’interfaces et d’images de marque. Il prête main forte à divers projets d’édition, par exemple en créant l’identité du Cheval d’août éditeur, en agissant à titre de consultant pour une monographie sur le festival Elektra (2010), ou en concevant des ouvrages à partir du travail des artistes [The User], du designer Julien Vallée ou de la chorégraphe Line Nault.

Chacune de ses propositions implique l’invention méticuleuse d’une forme. Il a récemment publié Mademoiselle Manivelle (2017), une spéculation située sur les rives futures du Canal de Lachine et travaille à un cycle « d’auto-science-fictions » entamé avec le livre et l’exposition Bucky ball (2014) et L’été opalescent (2016), qui revisitent les futurs antérieurs de la montréalité. Mappemonde (2016) est un essai autofictif sur les origines banlieusardes de la littérature. VVV (2015), un « atlas géopoétique », fait suite au récit Les États-Unis du vent (2014), et témoigne d’une trilogie d’odyssées transfrontières avec l’artiste Patrick Beaulieu. Il poursuit la réalisation et l’écriture d’un feuilleton en ligne, Costumes nationaux.

En tant que cinéaste, Daniel a notamment réalisé la fiction Cinéma des aveugles (2010), le film expérimental Longuay (2011/2017), le projet transmédia Le tableau des départs (2010) et co-signé le scénario d’If ou le rouge perdu (2016), un film d’animation de Marie-Hélène Turcotte. Il participe à titre de dramaturge ou d’auteur à la création de pièces de théâtre et de danse, d’installations et d’interfaces : il a signé, avec Marie Brassard, l’adaptation des textes de Nelly Arcan pour La fureur de ce que je pense (2013), orchestré, avec Robert Morin, la diffusion Web de Journal d’un coopérant (2010), ourdit un drame alimentaire inspiré par les collages d’Annie Descôteaux, Ad Nauseam (2012), composé une partition à partir des mots de personnes touchées par des problèmes de santé mentale, La maladie de la réalité (2014), signé des librettos pour Operator, un automate électroluminescent conçu par Mikko Hynninen (2012, 2014) et pour Wanderer (2017), un essaim de machines scripturaires créé par l’artiste allemande Kerstin Ergenzinger.

Daniel est également traducteur de livres de poésie de Stephanie Bolster, Benoit Jutras, Erin Moure, Michael Ondaatje et Charles Simic et d’un essai d’astronomie spéculative de l’anarchiste Auguste Blanqui. Il a été le traducteur officiel du poète du Parlement, Fred Wah, et traduit Jenny Holzer pour la scène, Leonard Cohen, Glenn Gould et Anne Hébert à l’écran.

En 2014, il était récipiendaire du studio du Québec à Londres. Il a étudié la littérature, l’histoire et la philosophie des sciences à Montréal, l’édition à Vancouver et le cinéma à New York. Il poursuit son travail tout en enseignant l’écriture à l’École nationale de théâtre du Canada et le design d’évènements à l’Université du Québec à Montréal. Il croit que l’écriture est une forme de vie, et que la fiction fait aussi partie de la réalité. Il a de nombreux projets. Son site Web est danielcanty.com.

Il est membre de l'Académie des lettres du Québec depuis 2017.

Discours de présentation

Discours de réception

 

Bibliographie sélective récente

Livres

Mademoiselle Manivelle (fiction), Montréal, La table des matières, 2017.

L’été opalescent (récit), Montréal, La table des matières, 2016.

Mappemonde (essai), Montréal, Le Noroît, 2016.

VVV. Trois odyssées transfrontières (essais et récits, avec Patrick Beaulieu), Montréal, Le Passage, 2015.

Les États-Unis du vent (récit), Saguenay, La Peuplade, 2014.

Bucky ball (récit), Montréal, Artexte, 2014.

Wigrum (roman), Saguenay, La Peuplade, 2011.

La table des matière (collectifs de fiction et de poésie dirigé par Daniel Canty) :

Le livre de chevet. Un sommeil suscité par Daniel Canty, Montréal, Le Quartanier, 2009.

La table des matières. Une pièce montée de Daniel Canty, Montréal, Le Quartanier, 2007.

Cité selon. Une construction de Daniel Canty, Montréal, Le Quartanier, 2006.

Êtres artificiels (essai), Montréal, Liber, 1997.

 

Livrets et cartes

La ligne aveugle (libretto pour la chorégraphie Waltz de Jacques Poulin-Denis), Montréal, 2017.

Wanderer - spacetime poetry (libretto pour automates, installation de Kerstin Ergenzinger), Basel, 2017.

Le pavillon de l’insolite (carte géopoétique pour La marche, un commissariat d’Eric Mattson), Montréal, 2015.

La maladie de la réalité. Une prescription de Daniel Canty (partition théâtrale composée à partir des mots des Impatients), Montréal, 2014.

Operator – act 1 et 2 (libretto pour un automate alphanumérique et électroluminescent, compositeur : Mikko Hynninen), Helsinki, 2012 et 2014.

La fureur de ce que je pense (collage de textes de Nelly Arcan mis en scène par Marie Brassard), Montréal, 2013.

Ad Nauseam. Le festin de la veuve (dramuscule en huit services inspiré par des collages d'Annie Descôteaux), Montréal et Saint-Hyacinthe, 2012.

Stéréographe. Une géographie de Daniel Canty (carte géopoétique inspirée par le parcours des lignes d'autobus 25 et 74 de la Société des transports de Laval), Laval, 2012.

 

Sites Web

Costumes nationaux, 2015.

La société des grands fonds. Feuilleton aqualittéraire, 2008-2013.

Ad Nauseam. Le festin de la veuve, 2012.

La table des matieres, 2009.

Le tableau des départs. Un pays de Daniel Canty, 2010.

A1, 2010.

 

Traductions

Auguste Blanqui, Eternity Through the Stars (essai), New York et Chicago, Grenfell Press and Donald Young Gallery, 2012.

Stephanie Bolster, Pierre blanche (poésie), Montréal, Le Noroît, 2007.

Benoit Jutras, Court of Miracles (poésie), Québec, VU, 2013.

Erín Moure, Petits théâtres (poésie), Montréal, Le Noroît, 2013.

Michael Ondaatje, L’homme aux sept orteils (poésie), Montréal, Le Noroît, 2011.

Charles Simic, Alchimie de brocante (poésie), Montréal, Le Noroît, 2010.

 

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