Mission de l'Académie
L'Académie des lettres du Québec a comme mission de servir et de défendre la langue, la culture d'expression française et la place de la littérature dans notre société. Au fil des ans, le grand objectif de l'Académie s'est modulé en fonction des enjeux historiques. Née au temps du discours de la survivance, hérité du dix-neuvième siècle et qui s'est prolongé jusque dans les années quarante, l'Académie de Victor Barbeau a travaillé inlassablement à la défense du Français du Canada, comme le mentionnait le titre de son fameux ouvrage. Cet objectif de la défense et illustration de la langue française a ensuite laissé la priorité à celle de la littérature. C'était au temps de la littérature québécoise, celle du pays (grosso modo: 1954-1974), puis ce fut celle des femmes (depuis 1974) et, à partir de 1985, celle des néo-québécois (la littérature dite migrante). Et depuis plusieurs années, et surtout avec le tout récent combat de la diversité culturelle, c'est le champ entier de l'expression culturelle qui retient l'attention des académiciens.
Dorénavant ces objectifs généraux se définissent non seulement à partir des questions linguistique et littéraire, mais prennent aussi en compte la place de l'histoire, de la philosophie et des arts dans la vie sociale, particulièrement dans l'enseignement et les médias. Le principal objectif de l'Académie en 2006 pourrait donc s'énoncer ainsi: servir et défendre, de manière critique, la vie culturelle elle-même, dans toutes ses manifestations, en particulier pédagogiques et médiatiques, d'abord au plan national mais aussi dans le monde francophone.
Nature des activités
1. Ces objectifs combinés d'observation et d'intervention à tenir dans le champ culturel inspirent les six séances de travail que tiennent chaque année les académiciens, que ce soit entre eux (plusieurs sont des spécialistes du domaine) ou en compagnie d'invités versés dans les questions à l'étude.
2. De ce premier type d'activité interne résultent plusieurs interventions.
3. Beaucoup d'autres ont lieu dans des médias spécialisés (universitaires ou non) comme Les Écrits, la revue publiée par les académiciens trois fois par année, qui offre les discours d'entrée à l'Académie, différentes communications ainsi que de la poésie et des nouvelles.
4. Une autre activité publique d'importance a lieu chaque automne: le Colloque des écrivains. Sur un thème d'actualité sont réunis une quinzaine d'écrivains et de spécialistes.
5. C'est au printemps qu'a lieu ensuite la Rencontre québécoise internationale des écrivains, qui rassemble une trentaine d'écrivains (dont une dizaine viennent de l'étranger) sur un sujet toujours renouvelé, loin du monde du spectacle, tout en offrant une journée publique. Le thème de la prochaine Rencontre est Mémoire/s.
6. Sur le site de l'Académie l'on trouvera bientôt, outre des renseignements sur l'institution et ses membres, diverses études des académiciens. Y logera aussi Le Bulletin annuel, jusqu'ici imprimé.
7. L'Académie décerne trois prix annuels pour le roman, la poésie et l'essai. Il y a aussi l'attribution annuelle de la médaille à une personnalité marquante de la vie culturelle. Et enfin la réception de nouveaux membres au sein de l'Académie.
8. Un dernier type d'activité se manifeste dans les représentations nombreuses que font à divers titres plusieurs académiciens, qui deviennent ainsi des ambassadeurs de la culture nationale: les responsables du Conseil d'administration qui rencontrent ou reçoivent des intervenants ou personnalités du monde culturel d'ici ou de l'étranger (académies de France, de Belgique, du Mexique…), mais aussi tous les autres sociétaires qui donnent avis et expertises sur demande à divers organismes, comme la Commission des États généraux sur la langue et la Commission de la culture de l'Assemblée nationale sur les mandats du CALQ et de la SODEC.
On peut donc constater que la mission de l'Académie se réalise dans des activités diversifiées, qui témoignent de son action soutenue sur la scène culturelle québécoise.
